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Je viens d'écouter le podcast de France Culture « Internet : voyage au bout du réseau », consacré à l'histoire de l'Internet, dans la série estivale « Eurêka ! », sur l'histoire des inventions franceculture.fr/emissions/eur 1/17

Les invitées étaient deux historiennes, Valérie Schafer, professeure d’histoire contemporaine au Centre d’histoire numérique à l’Université du Luxembourg et chercheuse associée au Centre « Internet et société » du CNRS cis.cnrs.fr/, et Camille Paloque-Bergès, ingénieure de recherche au CNAM au sein du laboratoire « Histoire des technosciences en société » technique-societe.cnam.fr/hist 2/17

On revient de loin et on remonte loin dans cette émission, Schafer rappele le sketch « 22 à Asnières », emblématique du retard français. youtube.com/watch?v=sH2lymTm9Z 3/17

Puis Schafer passe à , l'ancêtre le plus évident de l'Internet. Arpanet n'était pas le premier réseau informatique (elle cite et ) mais les autres étaient très centralisés [Arpanet était quand même nettement moins décentralisé que l'Internet], reposant sur une séparation stricte entre « terminal » et « mainframe », et sur des environnements homogènes. Il faut dire qu'à cette époque, même la notion d'utilisateur était différente ; un utilisateur était un professionnel. 4/17

Schafer insiste sur le fait frappant que les concepteurs d'Arpanet ne cherchaient pas juste l'efficacité (déplacer des bits) mais qu'ils « avaient des visions », leurs travaux techniques étaient inspirés par des idées grandioses de faire communiquer tout le monde. 5/17

Elle note aussi que ces concepteurs étaient un mélange original de militaires et de gens plutôt inspirés par la contre-culture des campus US de l'époque. 6/17

Il est difficile de dire quand Internet est réellement apparu. « Il y a plusieurs dates clés dans l'histoire de l'Internet ». 7/17

Paloque-Bergès revient sur la notion d'hétérogénéité [ça s'écrit bien comme ça ?] des machines, la grosse innovation de l'Arpanet. Elle mentionne aussi le « réseau des Unixiens » (je suppose qu'il s'agit de toutes les initiatives autour d'), qui avait « une âme sociale » et a introduit «une raison d'être qui dépasse les objectifs premiers » [envoyer des photos de chats]. 8/17

Au passage, j'ai appris que Werner Herzog [oui, celui de Kaspar Hauser et d'Aguirre] a fait un documentaire sur l'histoire de l'Internet. fr.wikipedia.org/wiki/Lo_and_B 9/17

Schafer décrit les « documentation technique ouverte et à laquelle tout le monde peut participer, s'il a quelque chose à dire ». Et insiste sur une des innovations les plus importantes de l'Arpanet puis de l'Internet, « l'intelligence dans l'informatique, pas dans les lignes » [dans les machines terminales et pas dans le réseau]. 10/17

Bonnes pauses musicales sur France Culture, je ne connaissais pas la chanson des , « Connection », dont les paroles sont tout à fait adaptées au sujet. youtube.com/watch?v=a22wv5h7jO 11/17

Après, on passe au Web. Paloque-Bergès note que le Web a été « développé sans programme officiel », Berners-Lee (et Cailliau) n'étaient pas censés faire ça [comme avec pas mal d'inventions, mais pas comme Arpanet]. Pour expliquer la différence entre Internet et Web, Paloque-Bergès parle de « couche infrastructure et couche interface » et note que « Le Web a volé la vedette à TCP/IP ». 12/17

Interrogée sur les raisons du succès du Web, Schafer rappelle l'importance du choix de Berners-Lee et de son employeur de ne pas chercher à valoriser l'invention (pas de brevet). Elle estime que l'argument « le Web a réussi parce qu'il est graphique » est à relativiser. « Ce n'était pas si sexy que ça au début, avec que du texte. » 13/17

Le présentateur fait quelques erreurs « Mosaic le premier navigateur graphique » que Schafer corrige discrètement « un des premiers ». [ Le premier était fr.wikipedia.org/wiki/WorldWid ] 14/17

Après, le Web a changé. Schafer : « quand on revoit les anciens sites Web sur Internet Archive, avec ses animations clinquantes « [certains sont encore en ligne, voyez le mot-croisillon ] 15/17

Sur la popularisation du Web et de l'Internet, Paloque-Bergès insiste sur le rôle du magazine Wired et, d'une manière générale, sur celui des « prophètes numériques » qui ont beaucoup fait de pub à la fin des années 1980 et au début des années 1990. Elle note que ces prophètes ne publiaient pas sur le Web mais uniquement sur papier… 16/17

Et les « questions irrésolues » ? Schafer cite les GAFA et leurs silos, la sécurité, notamment la vie privée, et les risques contre le pair-à-pair. Elle conclut par le fait qu'il y a aussi du nouveau, comme le protocole , et cite la prochaine conférence publique mardi prochain, consacrée à QUIC. afnic.fr/observatoire-ressourc 17/17

@bortzmeyer Ça m'a l'air d'être deux intervenants tout a fait pertinents. (J'ai pas écouté l'émission mais c'est l'impression que tu en donnes)

@cgx Ah ben oui, ce sont deux vraies historiennes, pas des journalistes qui répètent les clichés.

@bortzmeyer Tiens, la musique du générique est le thème de Ténèbres de Dario Argento, 1982, par les Goblin (enfin plus sous ce nom mais passons).

Très chouette film 👍

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