On voit qu'on fait des SHS, il n'y a que des femmes à la tribune.

Le Centre Internet et Société cis.cn.rs.fr/ est un labo du qui travaille sur l'Internet, vu du côté des sciences humaines (l'informatique étant une science inhumaine).

Il y a aussi un réseau de recherce en devenir (je vous épargne les sigles CNRS)

Les conférences de chercheurs : supports pleins de textes, sans images, blanc sur fond noir.

Amélie Favreau explique la cryptographie asymétrique avec des concepts Michuesques « la clé privée, c'est un peu comme le PIN, et la clé publique comme l'IBAN  »

Juliette Sénéchal fait remarquer qu'on ne traite pas l' de la même façon quand il s'agit d'un algorithme dématérialisé (recommendantions d'une e-boutique, par exemple) et quand elle est incorporée dans un objet (robot, voiture autonome).

La peur de Terminator ?

Deuxième table ronde sur la conception et l'usage responsables des algorithmes d'aide à la décision.

Alexis Tsoukias rappelle que les algorithmes sont bien plus anciens que l'informatique. Des machines à décision automatique sont anciennes, et nombreuses (un avion est aujourd'hui un véhicule autonome).

Alexis Tsoukias lance une expérience de pensée (irréaliste, il le dit lui-même) : à quoi ressemblerait une Haute Autorité des Algorithmes, chargée de leur donner une autorisation de mise sur le marché ? Comment déciderait-elle ?

Tiens, une question de terminologie : comment vous traduisez « accountability » ? Daniel le Métayer dit « redevabilité ».

Daniel le Métayer détaille les difficultés derrière le discours convenu « les algorithmes devraient être redevables ». Comment rendre du compte (les faits bruts sont incompréhensibles, les explications peuvent être biaisées) ? À qui ? Le diable est dans les détails.

Question piège : si l'algorithme explique bien ses décisions, est-ce que ça ne risque pas justement de rendre plus difficile, pour un humain, de passer outre les décisions de l'algorithme ?

Table ronde « Santé et » maintenant.

Le point de vue de la psy : l'interaction entre le malade et le médecin n'est pas purement technique. Un patient peut être rassuré (ou au contraire voir son état s'aggraver) selon sa relation avec le médécin. Et avec une IA ?

Retour aux problèmes concrets, avec l'étude d'une application de santé connectée qui donne des résultats différents sur iOS et Android... Indépendemment des grands problèmes philosophiques, l'IoT médicale est d'abord un beau bordel.

« il faut réaliser que l'informatique est devenue complexe »

Blague à part, la prof d'informatique qui explique qu'il est normal et attendu qu'une application médicale donne des résutats différents sur iOS et Android, ça m'inquiète.

OK, avec les calculateurs quantiques, ce sera normal mais aujourd'hui...

Et maintenant un artiste, qui présente ses travaux : speculative.capital/ (Team Premier Degré : il ne faut pas réagir tout de suite) et ad.watch/

On revient aux sujets plus classiques, avec la table ronde sur la « gouvernance d'Internet ».

« On n'a pas pris de retard, mais on n'est pas en avance. »

Anne Bellon enfonce un peu des portes ouvertes, en disant, comme si c'était une découverte récente, qu'on ne peut pas ne pas tenir compte des États quand on parle de gouvernance d'Internet.

Aïe, le WiFi déconne, ça va ralentir le vivant-pouétage.

« Les normes techniques, c'est comme le droit. Ça décrit le monde idéal. » (Julien Rossi)

Point positif, la discussion sur la gouvernance ne parle pas uniquement des machins onusiens comme le FGI, ou de l'ICANN. les organismes de normalisation sont mentionnés (apparemment surtout le W3C).

« Le moment le plus intéressant, c'est la panne. C'est là qu'on comprend comment un système fonctionne *vraiment*. [Exemple avec le Bitcoin] » (Francesca Musiani)

« Modérer les contenus terroristes » Avec ce faux ami et cette erreur de traduction si courante, on arrive à des phrases amusantes.

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Félix Treguer et Philippe Aigrain sur « Le quatrième âge de l’informatique sociale »

La « dictature de la commodité » qui fait que les gens choisissent la servitude des outils pratiques immédiatement.

À propos de Knuth et de la publication du savoir « il a travaillé pendant 25 ans et, depuis, il n'y a plus rien à faire »

Sur le rôle des mythes : « Avec des mythes et des histoires, on peut lever des fonds, pour des entreprises pas rentables, avec des produits qui n'existent pas. Les promesses ont donc un aspect matériel concret. » (Isabelle Berrebi-Hoffmann)

Clôture de la journée : « Au début, le CNRS n'était pas favorable au travail sur Internet et société. » (Cécile Méadel)

[Personnellement, je trouve qu'il n'y avait pas assez d'Internet, pour un Centre Internet et Société.]

@bortzmeyer Ça me rappelle :

CITTON, Yves, 2010. Mythocratie: « storytelling » et imaginaire de gauche. Paris : Ed. Amsterdam. ISBN 978-2-35480-067-3.

Très bon livre, qui défend l'idée que la gauche chercherait simplement à dénoncer les mythes dominants, mais oublierait d'en proposer d'autres, qui pourraient mobiliser pour l'action.

cc @22Decembre

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