Madame Bovary de Gustave Flaubert. Vous allez être peut-être étonnés, mais c'est vachement bien !

Parmi mes passions, je compte depuis quelques années la cuisine. Cette passion a notamment été alimentée par l'émission Top Chef, qui est le seul programme que je regarde à la télévision. J'ai découvert il y a quelques semaines un podcast sur des cuisiniers. Celui-ci apoele-lepodcast.com/podcasts/ parle d'Adrien Cachot, un type passionnant, audacieux, qui joue avec les contraintes. Si un ouvroir de la cuisine potentielle existait, il pourrait en être le président.

Le petit bleu de la côte ouest de Jean-Patrick Manchette. Quelques années après avoir lu La Position du Tireur Couché, qui m'avait laissé un souvenir de sécheresse et de maîtrise impeccables (un peu cliché concernant Manchette, je sais), j'observe ébahi avec le petit bleu toute la dimension géo-politique introduite par Manchette. Quant au style, que je croyais surtout efficace, il est en réalité extrêmement élégant. Il jouit d'un rythme époustouflant. Je relirai La Position !

Bien des années plus tard, face à la foule grouillante venue pour l'ouverture de son restaurant, Adrien Ladeyn se rappela son premier repas à Valparaiso. Contre toute attente, ce qui émergea de sa mémoire, ce n'est pas le plat principal, qui consistait en un bifteck trop cuit, des frites luisantes de graisse, et un oeuf au plat au jaune pâteux, mais bien la sauce pebre en entrée, car c'est à cette sauce qu'il doit aujourd'hui sa signature de cuisine.

En plein dans Délius, une chanson d'été de Sabrina Calvo. Premier texte de l'autrice, un hommage à Conan Doyle, à Marseille, à Délius (surprise), une histoire qui joue (comme les suivants) à un numéro savant d'équilibriste, et qui y parvient avec beaucoup de talent. Le style est plus sage que dans Toxoplasma, mais il atteint une certaine grâce. Une réédition bienvenue ! Curieux de voir la façon dont Sabrina Calvo va écrire la suite, avec l'expérience qu'elle a acquise.

C'est très étrange aussi de constater que, pour se distinguer du boom, un mouvement se voit faire référence à une chaîne de fast-food états-unien... Il y a sans doute quelque chose à comprendre de ce mouvement !

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Pour poursuivre les discussions sur le réalisme magique latino-américain, un mouvement qui me fascine depuis maintenant quelques années est McOndo en.wikipedia.org/wiki/McOndo, qui fait référence à la ville imaginaire de Macondo de García Márquez. Un mouvement qui s'oppose au réalisme magique. Il est facile d'imaginer à quel point le poids de cet auteur et celui de tous ceux qui ont fait émerger le boom latino-américain a pesé sur les épaules des nouvelles générations.

Enriquez, comme beaucoup d'écrivain.e.s argentin.e.s, plonge sa plume dans une encre argentine, puise son inspiration dans des légendes argentines, mais n'oublie jamais de rendre hommage aux auteurices de sa constellation littéraire. La littérature latino a ça de fascinant qu'elle a construit au fil des années une frontière poreuse entre les mauvais genres et la littérature avec un grand L. Ce combo gagnant, puissant, fait d'Enriquez une autrice à suivre assurément.

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Pour autant, l'écriture, les thèmes et la narration sont parfaitement modernes. Enriquez dresse le portrait de femmes qui luttent dans une Argentine rongée par un patriarcat pesant et le souvenir douloureux de la dictature. Un discours politique subtil, car il ne passe que par le témoignage de ces protagonistes, et aussi parce qu'Enriquez n'oublie jamais l'essence même de son projet littéraire : nous effrayer. Dire qu'elle y parvient est un euphémisme.

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Sous la pression populaire de Mastodon, je me suis mis à lire Ce que nous avons dans le feu de Mariana Enriquez. Je rejoins @Leo_Henry sur la traduction, qui propose parfois des formulations très étranges, mais elle ne parvient pourtant pas à gâcher le plaisir immense que je ressens à la lecture de ces histoires. Enriquez s'inscrit dans la plus pure tradition du fantastique, en octroyant à ses nouvelles des atours réalistes qui donnent à l'irruption de l'irréel une force impressionnante.

En plus du sujet, qui me paraît passionnant, Agrapha se drape d'atours séduisants.

C'est un must to read du coup !

pagina12.com.ar/233663-mariana

Très chouette entretien d'Enriquez. La partie sur la mythologie chilote m'a particulièrement paru intéressante

Jean-Mi de la salle 101 m'a convaincu de commander chez mon libraire préféré Nuestra parte de noche. Lui et @Leo_Henry forment décidément un duo diabolique !

Petite anecdote : lors de mon voyage en Colombie, j'avais été frappé par le discours de colombiens qui disaient que Garcia Marquez n'aimait pas la Colombie. L'écrivain a été en effet forcé de quitter le pays à cause des accointances avec Fidel Castro. Pourtant, ses livres me donnent l'impression d'être des déclarations d'amour à la Colombie, plus particulièrement aux Caraïbes, mais je serais bien incapable pour autant de contredire un colombien, car ce n'est pas ma culture, ni mon histoire.

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Le bouquin en lui-même parle d'une histoire d'un amour contrarié. L'intrigue tient sur un ticket de métro composté (pas beaucoup de places pour écrire quoi), mais le talent de conteur de Gabo fait tendre ceci vers le sublime via ses circonvolutions, si ironie constante, son rythme sans cesse malmené. C'est vraiment fabuleux, tout autant que Cent ans de solitude je trouve.

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L'amour aux temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez. Lecture pas très originale en ces temps de pandémie, mais je me suis dit que c'était une bonne excuse pour admirer une nouvelle fois, après Cent ans de solitude et Le général dans son labyrinthe, le style flamboyant du non moins flamboyant Gabo. J'avais oublié ce tempo incroyable, ces litanies magnifiques, cette capacité à tout mythifier, jusqu'à ceux que l'on invisibilise habituellement.

J'ai terminé hier Sept Reddition. Dire que je me suis pris une claque est un euphémisme. Une leçon magistrale de narration, de création d'univers cohérent.

Du coup hier soir j'ai commencé Le Goût de l'immortalité de Catherine Dufour. J'ai essayé plusieurs fois de le lire par le passé, mais je crois que ça va le faire cette fois ! Il faut dire que c'est touffu... En ce moment, je prends ma revanche sur certains livres qui se sont montrés réticents à être lus. Chouette !

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