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je viens de finir d'écouter "Le Consentement" de Springora, très beau bouquin, sans doute le mieux articulé que j'ai lu sur le caractère structurellement toxique de l'institution culturelle française - en particulier littéraire. ça rejoint pas mal de réflexions en cours. sans compter la portée performative du livre lui-même. big up

#vendredilecture
A la ligne, un texte court sans ponctuation qui parle du quotidien, de la vie à la chaîne, en tant qu'intérimaire dans des conserveries de poissons ou à l'abattoir, de la solidarité ouvrière, de ce qui fait tenir (les chansons, les livres), du corps douloureux. C'est extrêmement bien écrit, c'est noir, tendre, poétique, révoltant et terriblement humain. Une énorme claque !

"J'écris comme je pense sur ma ligne de production divaguant dans mes pensées seul déterminé"

Pour ne rien arranger à la dispersion de ma pàl, je suis dans "Personne ne sort les fusils" de Sandra Lucbert, petite bombe de littérature critique sur le procès France Telecom, et "Le génie lesbien" d'Alice Coffin, chouette tour d'horizon / mise en perspective des luttes féministes en France depuis vingt ans, avec un focus sur les médias très éclairant : les crispations délirantes qu'a engendré ce bouquin font clairement partie du problème.

Je parle aussi cette langue.
Mais je trimballe avec moi quantité d'états de langage, c'est ce que fait la littérature aux gens qui la pratiquent. Elle impose un écart permanent d'avec tout ce qu'/on/ dit. Je parle la langue collective, mais contestée par une cacophonie intérieure.
Au quotidien, ce carambolage provoque surtout des heurts avec les institutions, où se parle fanatiquement la langue générale.

(...)

Il se confirme que le traitement par la prose n'est pas toujours agréable."

2/2

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"Au procès de France Télécom, le monde jugé est le nôtre. Le monde qui juge est aussi le nôtre.

Le monde jugé est celui depuis lequel on juge.

Toute notre mécanique sociale devrait comparaître ; et c'est impossible, parce que nous sommes à l'intérieur ; elle dicte nos présupposés. On ne la voit pas, c'est /par elle/ qu'on voit. Ainsi, le tribunal est intérieur à ce qu'il juge. Il parle la langue qu'il accuse.

1/2

"... mais en attendant que le chaos règne sur la galaxie, moi je vais manger des frites."

Jamais eu autant de bouquins entamés en même temps de toute ma LIFE ! Le double effet salons. Super hâte de tous les finir, en plus.

Dans l'ordre de la mise en abyme : Tout ce que dit Manon est vrai de Manon Fargetton, qui est venu couper Au bal des absents de Catherine Dufour, qui est venu couper Autobiographie transsexuelle (avec des vampires) de @crowdagger qui est venue couper China Iron de Cabezon Camara, qui est venue couper Le Mage de Fowles.

Vivement les vacances.

Comme ce monde est joli de Karen Joy Fowler sort aujourd'hui. Eh oui !

I am sure @vicorva has been sent this before but I feel compelled to link to it anyway.

"- C'est ce que mon père buvait le matin.
- Au petit-déjeuner ?
- Hmm. Après la traite, c'est plutôt le milieu de la journée.
(...)
- Oh. (...) C'est bon.
- Non, c'est pas bon. C'est pas fait pour ça. C'est fait pour réchauffer, et surtout pas donner envie d'en boire trop. C'est du coin, c'est tout..."

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