petit thread avec thématique bédés récentes d'amour qui pique : je vous les mets en gradation, du plus mièvre au plus wild & touchant, avec un bonus hors sujet & vraiment teubé à la fin

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Virginia Woolf, de Liuba Gabriele. C'est beau mais c'est barbant. La love story Woolf x Sackville-West, un peu de littérature (presque pas), les cailloux dans les poches, le suicide. Le dessin dépote mais ne sauve pas tout. Parfois j'ai l'impression que la bio de Vivi sert de masque pop à l'absurde génie de son œuvre, que la version mythifiée de ce qu'elle a vécu nous permet d'esquiver la brutalité aveuglante de ce qu'elle a écrit. C'est un peu dommage.

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Moon, de Cyrille Pomès. Une station balnéaire hors-saison, un lycée obnubilé par Luna, la meuf que tout le monde suit sur Insta. L'impression d'être vieux & d'écouter causer par-dessus ma tête. Mais aussi : des belles choses que je reconnais, des personnages touchants avec de sombres profondeurs, des histoires qui ne se dénouent pas, & un constat lucide & triste sur les familles cassées, les violences derrière les portes, ces solutions qu'on bricole ado, pour essayer de se bâtir aussi.

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Mes ruptures avec Laura Dean, de M. Tamaki & R. Valero-O'Connell. Un cran plus mature, un cran plus vénère aussi, sur les relations amoureuses qui ne sauvent pas grand-chose, la manipulation dans le couple. J'aurais adoré lire ça à 15 ans, parce que ça pose les bonnes questions, & y répond avec franchise. Il y a un demi gars dans les 300 pages du bouquin, des smartphones, des blogs, des crushs, des amitiés qui sauvent , & un dessin hybride ligne claire / comic / manga venu du futur.

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Le Goût de la nectarine, de Lee Lai. Récit autobio qui retourne, sur une rupture dans un couple de femmes, avec enfant au milieu (pas le leur), & les questions qui travaillent chacune lorsqu'elles avancent séparées. On prend le récit en route, le quitte avant la fin, mais on ne peut pas ne pas être à donf avec ces personnages fendillés, ceux du premier comme ceux de l'arrière-plan. Le dessin est dingo dans un genre peu impressionnant de prime abord. Je l'ai lu deux fois. C'est très bon.

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Cet amour, de V. Safalty. Le plus minimaliste, trapu, esquissé du batch. Retour sur 25 ans de relation hétéro abusive, reparcourus à petites touches, avec inserts de rêves & représentation de la vie intérieure qui rappellent la Parenthèse d’Élodie Durand. C'est très fort, très pas drôle, & ça déplie tous les mécanismes à l’œuvre dans ces situations hardcores. C'est beaucoup les mots qui viennent cogner, il y en a peu, c'est largement suffisant. La fin dénoue & c'est beau. Je recoco.

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Enfin, hors thématique, Le fils du roi de S. Moussé, curiosité graphique sans parole. Petit Poilu pour les grands, heroic fantasty gore avec monstre bouffe tout. Il y a du Sophie Guerrive - côté Capitaine Mulet - dans le dessin, des donjons, un passage psyché & un (seul) perso féminin un peu embarrassant. Je sais qui peut acheter ça, mais trouve cette veine expérimentale plutôt marrante. Assez débile pour vous remonter le moral (si vous supportez les éclaboussures de sang en noir & blanc).

FINI

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