(on trouve facilement son oeuvre intégrale en .pdf pirate traduite en portugais, le monde est si plein de mystères)

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je découvre Wislawa Szymborska, poétesse polonaise contemporaine ou quasi. c'est très beau & très simple & très drôle. elle a eu le prix nobel je ne sais pas bien quand, son discours d'acceptation est formidable de bon sens & de modestie. magnifique autrice si vous aimez la poésie, & aussi si vous détestez ça ! j'ai pas le bouquin sous la main juste-là, sinon je vous en copierais des bouts pour vous convaincre !

Dans "Underland" de Robert MacFarlane, un bouquin de voyages d'explo souterraines menés sur plusieurs décennies, & du coup essai à la fois érudit & sensuel sur le rapport de l'humanité à ses sous-sols, depuis Neanderthal jusqu'aux poubelles sf de l'anthropocène. Un livre qu'on dirait quasi écrit pour moi.

Reçu le dernier numéro de La Jungle, meilleure revue / fanzine de l'univers : me réjouis de lire le feuilleton Football Fantaisie enfin complet.

zviane.com/lajungle/

Bon, a part la cuisine, led vacances se passent bien : en plus du très zen "a prayer for the crown shy" de Becky Chambers, j'ai enfin fini "la Fabrique des lendemains" de Rich Larson, un recueil de SF plutôt orienté cyberpunk/biotechnologie, quelque part entre Egan et Ken Liu (avec plus d'attention au style qu'Egan, moins de sensibilité que Liu :)

#lecture

"Qu'était-ce donc ? Qu'est-ce que cela signifiait ? Les choses pouvaient-elles projeter leurs mains & vous agripper ? La lame pouvait-elle couper ? Le poing, saisir ? N'existait-il aucune sécurité ? Aucune chance d'apprendre par coeur l'usage du monde ? Aucun guide, aucun abri, mais partout le règne du prodige, le saut du sommet d'une tour dans l'infini ? Etait-il possible que, même pour les gens d'âge mûr, ceci fût la vie ? - alarmante, inattendue, inconnue." - p.246

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Alors bon, sans rien divulgâcher, il y a une partie qui s'appelle "Le temps passe" & qui est une des choses les plus extraordinaires que j'aie lu de ma vie. Magnifique bouquin. J'enchaîne direct avec "Les Vagues".

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Au milieu du "Voyage au phare" de Virginia Woolf. Un chouia plus dense que "Mrs Dalloway", avec un scope serré sur la famille, les relations femmes-hommes & le travail - intellectuel, artistique. Absurdement fin, incroyablement lyrique, il faut bien tenir les fils mais qu'est-ce que c'est bien ! Il y a plus d'intelligence dans ces 200 pages que dans des rayons entiers de bibliothèque. Je sais pas où ça va mais m'attends à me faire rosser le coeur avant la fin. Je vous dirai !

Les #vendredilecture de ce début d'été sont consacrés aux derniers numéros de Présences d'Esprits et Bifrost.

Et parce que @Leo_Henry relatait l'anniversaire de Yama Loka terminus il y a quelques semaines, je plonge aussi dans les récits d'exil de Tadjélé. J'avais été marqué par Yirminingrad, et malgré quelques récits trop cryptiques à mon goût, les évocations de cette ville perdue sont toujours aussi saisissants ici. (Bara Yogoï m'a fait moins d'effet.)

noosfere.org/livres/niourf.asp

« Imaginales : Stéphanie Nicot revient sur son éviction »

actusf.com/detail-d-un-article

La directrice artistique et créatrice du festival vient d’en être écartée après vingt ans de bons et loyaux services. En cause, une mairie sexiste, transphobe et réactionnaire.

J'ai lu l'essai "écrire à l'encre violette" (sous titré "littérature lesbienne en France de 1900 à nos jours"), et en fait ça me fait réfléchir sur la manière dont on étiquette les trucs.
C'est une critique dont les autrices (qui sont 5) de l'essai ont conscience, puisqu'elles en parlent dès l'intro : dire "littérature lesbienne", en vrai, ça veut pas dire grand chose : si c'est les livres qui mettent en scène des relations romantico-sexuelles entre des meufs, ça inclut des textes fétichisant et c'est pas trop l'idée, si c'est des textes écrit par des lesbiennes quid de celles qui sont dans le placard, si c'est des textes perçu comme lesbien par le lectorat lesbien c'est très flou et alors il est question d'angle d'analyse plutôt que catégorie à part entière (perso j'aime bien que ce soit un angle d’analyse ^^)
Mais au delà de ce qu'on met derrière le "label" "littéérature lesbienne", y'a aussi la question de ce qu'on met derrière le mot "lesbien" tout court. Le truc c'est que l'identité lesbienne est socialement construite, et ça recouvrait pas la même chose y'a un siècle que maintenant. Le premier chapitre par exemple parle des années 1900 à 1915, époque à laquelle les lesbiennes sont décrites comme des "inverties" (au même titre d'ailleurs que les autrices, ce que je trouve extrêmement drôle, le livre cite Goncourt qui écrivit que "si on faisait l'autopsie des femmes ayant un talent original [...] on trouverait chez elles des parties génitales se rapprochant de l'homme, des clitoris un peu parents de nos verges", qu'est-ce qu'on se marre ><), c'est à dire des personnes "trop masculines pour être des femmes" qui troublent le genre. (Pareil dans les années 30, il y a la figure de la "garçonne"). Autour des années 90, il y a toujours une porosité entre le lesbianisme et le reste de l'arc-en-ciel puisque comme le dit Aurore Turbiau dans son chapitre dédié aux années 1986-2000, Monique Wittig "pose les jalons pour les études de genre" au travers de ses écrits (sont aussi mentionnés 2 romans d'Anne F Garreta, "Sphinx" et "Pour en finir avec le genre humain" dans lesquels les personnages ne sont jamais genrés). Et cela, c'est pour les recoupements entre lesbianisme et question de genre, mais je sais aussi que jusqu'aux années 70, le concept de bi/pansexualité avait pas vraiment émergé (toutes les femmes aimant des femmes étaient logées à la même enseigne, de toute façon l'homophobie était si présente que même celles qui n'avaient aucune attirance pour les hommes pouvaient se retrouver marier à l'un d'entre eux, donc inutile de faire des distinctions sur l'exclusivité ou non des attirances).
Bref tout ça fait que, à mon sens, l'histoire des lesbiennes n'est pas que l'histoire des lesbiennes : c'est l'histoire des personnes queer_féminines ou queer_associé·es_au_féminin qui étaient réunies sous l'étiquette "lesbienne" jusqu'à ce que cette catégorie se subdivise.
Il s'agit pas de déposséder les lesbiennes de leur culture en disant que telles œuvres ne seraient pas lesbiennes, car elles le sont. Mais elles ne sont pas que cela.
Par exemple, p.233, est mentionné "l'influence de la littérature lesbienne étrangère" et des exemples d'autaires sont donnés entre parenthèses, autaires parmi lesquelles on trouve Leslie Feinberg. Et genre... oui évidemment "Stone Butch Blues" est un roman lesbien, il parle d'un personnage qui évolue dans les milieux lesbiens butch-fem américain des années 50. Mais c'est aussi l'histoire d'un parcours de transition à une époque où les mots pour dire "je suis trans" n'existaient pas (le personnage principale prend de la T pendant plusieurs années). De manière générale, ce n'est pas en tant que lesbienne que ce roman m'a touché : c'est mon cœur trans qui a pleuré à chaque fucking chapitre (littéralement). Alors dire que Leslie Feinberg écrit de la littérature lesbienne, c'est factuellement juste, je suppose. Mais je me sens un peu dépossédée par cette simplification, j'avoue.
Bref, j'ai vraiment l'impression de pinailler, mais dans "écrire à l'encre violette", il est question d'un "déplacement de la littérature lesbienne vers la littérature queer" (p.147) là où j'aurais aimé qu'on tourne les chose à l'envers "un éclatement de la littérature dite lesbienne d'alors vers une littérature lesbienne contemporaine d'une part et de littératures queers d'autre part")

Hommes nés dans le gris.
Hommes gris levés tôt
Dans le vieux matin gris.
Hommes gris de fenêtres.
Hommes gris
De grande odeur grise.

Le roi
Salomon se fait une litière de bois de rose et de lapis-lazuli.

Hommes gris levés froids
Pour le gris des registres
Et le gris des plafonds.
Pour le gris des statuts
Et pour le gris des siècles.

Le roi
Salomon se fait une litière de bois de rose et de lapis-lazuli.

Hommes aigris de gris,

On vous jette un dimanche rouge

Comme une tranche de bœuf!

Un dimanche avec des éclairs.
Du gros vin faiseur de colère.
Des tessons de musique rouge
Et de l'incendie.

Fameux dimanche en filles rouges
Avec des foulards écarlates
Et des seins comme des piments
Et de l'incendie.

On vous plonge dans un bain rouge.
Mais qu'on déchire vos poitrines
Et l'on verra du cœur gris.
Chiffonniers ! !

Le roi
Salomon se fait une litière de bois de rose et de lapis-lazuli.

Chant des hommes gris :
Tu nous embêtes
Avec ton roi
Salomon
Et sa sacrée litière.
On la peindra en gris

Norge - Gris

#poesie #poetry #Norge

@lord @lionel_a @wekeys

Il y avait un compte-rendu de manif datant de 2018 (lundi.am/occupycomico à 20 h) qui signalait l'existence d'une salle de torture dans le commissariat de Montpellier, connue de tous les policiers (elle n'est pas décrite dans l'article mais sa fonction est assez explicite, difficile de s'y tromper), et personne apparemment n'y a jamais vu un souci dans un pays prétendument démocratique...

Pendant toute la journée
seul le jour passait

_

L'eau qui dévale des montagnes
se repose dans ma cruche

_

Je vais
je viens
je sors du temps

Mon poids
alourdit l'univers

_

En dehors du rêveur
les rêves s'accomplissent
ils labourent la même terre
que la vie

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"Je suis un messager
sans message
un chanteur ambulant
sans chanson

Je traîne ma nostalgie
de ville en ville
j'ai oublié
la nouvelle que j'apporte

Je ne sais pas chanter
je suis un message
sans message
comme le vent"

Anise Koltz

Ça m'émeut & m'émerveille, cette langue qu'il utilise. D'ici, ses mondes semblent archéologiques ou SF, rejoignent ceux de Le Guin s'intéressant aux cultures autochtones. Giono aime les gens & les paysages, il tresse la continuité de l'un à l'autre, dans le temps long.
Peut-être un auteur important pour le futur, à ressortir de la naphtaline, à relire. Certainement l'écrivain majeur du nature writing à la française. Je recoco !

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